Sur un bulletin de paie IEG, le salaire de base résulte d’une formule précise : SNB × coefficient du NR × majoration résidentielle × majoration d’ancienneté, le tout divisé par 100. Comprendre cette mécanique est le point de départ pour savoir si la grille salaire IEG s’applique correctement à votre situation. Mais un calcul juste ne signifie pas forcément une rémunération complète.
La formule de calcul IEG : ce que votre bulletin doit afficher
Au 1er janvier 2026, le Salaire National de Base (SNB) est fixé à 543,18 €. Ce montant sert de socle universel pour l’ensemble des 150 entreprises de la branche, qu’il s’agisse d’EDF, Enedis, GRDF, RTE ou d’une autre entité du secteur.
Votre NR (Niveau de Rémunération) détermine le coefficient appliqué à ce SNB. La grille couvre les NR de 050 à 390, par pas de 5. Chaque passage d’un NR au suivant représente en moyenne une hausse de 2,34 % du salaire de base.
La majoration résidentielle introduit ensuite un différentiel géographique. Trois niveaux existent :
- 25 % (1,25) : grandes villes et agglomération parisienne. C’est la majoration la plus courante pour les agents basés en zone urbaine dense.
- 24,5 % (1,245) : villes moyennes et couronnes périurbaines.
- 24 % (1,24) : zones rurales et zone B. Ce niveau s’applique aux communes les moins peuplées.
La majoration d’ancienneté vient s’ajouter en fin de calcul, par échelon. Elle progresse au fil des années de présence dans la branche IEG, indépendamment de l’entreprise d’appartenance.
Trouver son NR sur le bulletin de paie : où regarder exactement
Le NR figure obligatoirement sur le bulletin de salaire IEG, généralement dans la section consacrée à la classification ou aux éléments de rémunération principale. Il se présente sous la forme d’un nombre à deux ou trois chiffres (ex. : NR 130, NR 185).
Pour vérifier que ce NR correspond bien à votre poste, il faut croiser deux informations : la fiche de classification du poste occupé et l’accord de branche en vigueur. En cas de doute, le délégué syndical ou le service RH de l’entreprise est en mesure de fournir la grille de correspondance poste/NR.
Un NR affiché n’est pas nécessairement un NR correct : un changement de poste ou une évolution de responsabilités non répercutés sur la classification est une situation qui arrive. C’est le premier point à vérifier avant d’aller plus loin.

NR correct mais rémunération totale en dessous : les angles à vérifier
C’est l’angle que les comparaisons de grille laissent souvent de côté. Un NR conforme à la grille IEG ne garantit pas que la rémunération totale est à son niveau maximal.
Les primes d’activité liées au mode de travail
Les astreintes, le travail posté, le service continu ou les heures supplémentaires génèrent des compléments de rémunération qui varient sensiblement selon les situations individuelles. Deux agents avec le même NR et la même ancienneté peuvent percevoir des montants mensuels très différents selon leur régime de travail réel.
Il est utile de vérifier que chaque prime d’activité figurant sur le bulletin correspond bien au régime déclaré par l’employeur et que le calcul appliqué est conforme aux textes de la branche.
Le parcours de carrière et l’AIC
L’Augmentation Individuelle au Choix (AIC) est un levier de progression dans la grille qui échappe à l’automaticité. Contrairement à la majoration d’ancienneté, elle dépend d’une décision de l’employeur. Un parcours sans AIC pendant plusieurs années se traduit par un décrochage progressif par rapport aux collègues de même ancienneté.
La fréquence des AIC perçues est donc un indicateur concret à surveiller, notamment lors des entretiens annuels ou en consultant son historique de bulletins.
Les écarts à poste comparable
L’égalité salariale ne se réduit pas à la conformité du NR. Des agents occupant un poste de même nature et de même niveau de responsabilité peuvent se retrouver à des NR différents si les reclassifications n’ont pas suivi les mêmes rythmes. Ce type d’écart ne se détecte pas en regardant uniquement sa propre fiche de paie : il faut comparer avec des collègues de situation proche, ou solliciter des données agrégées auprès des représentants syndicaux.
Cette comparaison est d’autant plus pertinente pour les agents ayant changé d’entreprise au sein de la branche, car les pratiques de reclassification peuvent varier d’un employeur à l’autre, même si la grille de branche reste commune.
Revalorisation de la grille IEG et impact réel sur le bulletin
La grille IEG fait l’objet de négociations annuelles au niveau de la branche. Le SNB de 543,18 € au 1er janvier 2026 représente une hausse par rapport au 540,48 € en vigueur au 1er janvier 2025.
Une hausse du SNB se répercute mécaniquement sur tous les niveaux de la grille, puisque c’est la base de la formule. Mais cette revalorisation générale ne corrige pas les situations individuelles : un NR trop bas, une AIC manquante ou une prime d’activité mal calculée restent des problèmes distincts, que la hausse du SNB ne règle pas.
Vérifier son bulletin après chaque revalorisation du SNB reste une bonne pratique : le nouveau montant doit apparaître dans les premiers bulletins de l’année et se traduire par une hausse visible du salaire de base calculé.
Diagnostic pratique : les quatre questions à se poser
Avant de conclure que la grille salaire IEG s’applique correctement à votre cas, voici les points à examiner de façon méthodique :
- Mon NR est-il cohérent avec mon poste actuel ? Si les responsabilités ont évolué sans reclassification, le NR peut être en dessous du niveau réel du poste.
- Ma majoration résidentielle correspond-elle à ma commune d’affectation ? L’erreur de zone existe, notamment lors de mobilités géographiques non répercutées sur le bulletin.
- Mes primes d’activité sont-elles toutes présentes et correctement calculées ? Astreintes, travail de nuit, week-end : chaque régime a ses règles propres définies par les textes de branche.
- Ai-je bénéficié d’AIC à un rythme comparable à mes collègues de même profil ? Un écart significatif mérite une explication concrète de l’employeur.
Si l’une de ces questions appelle une réponse incertaine, le recours aux représentants syndicaux de la branche (FNME-CGT, FO Énergies, CFE-Énergies) permet d’obtenir les grilles de référence et un appui pour comparer sa situation aux règles conventionnelles applicables. Le bulletin de paie seul ne suffit pas toujours à trancher.

